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Écrit par sophie Bourgenot   

Mettre son intelligence au
service de son inconscient

L
ors de la thérapie de groupe que j'ai suivie pendant plus de deux ans, j'ai souvent entendu ma thérapeute parler de l'inconscient : " en réalité" disait-elle,  "quoi que l'on fasse, c'est lui qui commande".

Moi qui avait beaucoup d'idées préconçues, beaucoup de normes et un fort désir de maîtriser les choses de manière rationnelle, j'avais de la peine à comprendre quelle était ma part de liberté si, au final, c'était mon inconscient qui était aux commandes.

J'allais avoir un début de réponse le jour où j'étais très déprimée sans savoir pourquoi et que ma thérapeute fit l'hypothèse que je ne m'étais sans doute pas suffisamment pas écouté et qu'en ne m'écoutant pas je refoulais les exigences de mon inconscient et qu'il me le faisait payer.

Je n'ai pas osé dire ce que je ressentais

Je me repassais le film de ces derniers jours. Apparemment, je n'avais aucune raison d'être déprimée. J'avais rencontré, quelques mois auparavant, quelqu'un avec qui je vivais des moments formidables et auprès de qui je ressentais pour la première fois un réel bien-être. Il est vrai que cet homme me plaisait tellement que j'éprouvais des difficultés à m'affirmer face à lui, de peur de faire ou dire des choses qui pourraient lui déplaire. Par exemple cette soirée où il était inexplicablement fermé et où j'avais gardé le silence, en continuant de me comporter avec lui comme si la situation me convenait. Je n'étais pas satisfaite et je faisais comme si je l'étais. Je me sentais nulle de jouer un rôle comme si tout allait bien sans oser  assumer ce que je ressentais, mais une peur inexplicable durant tout le dîner m'avait empêché de parler.

J'ai choisi de ne plus écouter mes peurs

A partir de ce jour, je décidai de faire un test et de ne plus écouter mes peurs, de ne plus me "raboter". Je me répétais: "reste sur tes rails, ne penses à rien et soit souple dans l'instant, ouverte à ce que tu ressens et ouverte à l'autre"… Dans ce nouvel état d'esprit, surgit en moi le besoin de me ressourcer, de passer une soirée plateau-télé-toute-seule, et non une soirée en amoureux, comme nous l'avions prévu avec mon ami, quoi qu'en puisse être les conséquences.

Sans lui faire part de mes états d'âme, sans violence, sans défi  je dis gentiment mon envie de renoncer à notre rendez-vous pour me faire une soirée télé avec moi-même et estai à la maison en savourant "Desperate Housewives" sur M6. Au fond j'étais fière d'avoir osé refuser un moment à un homme qui me plaît beaucoup. Jusqu'ici je ne m'en serais pas sentie capable.  Résultat : même si j'étais un peu tendue par moments, ma petite fête en solo me fit ressentir une énergie débordante.

Je retrouvai une énergie débordante

Les proches qui m'avaient vu la veille avec une mine d'enterrement me découvraient pimpante. Je ressentais jusque dans mon corps les bénéfices de cette expérience. Quant à mon ami, nous nous sommes retrouvé le lendemain pour un moment formidable, où ma joie de vivre et d'être avec lui ne venait seulement de ses gestes et attitudes à mon égard mais aussi d'un véritable confort intérieur.

Je goûtais au plaisir de m'écouter, d'être attentive à ce que me disait mon inconscient en somme, même si je prenais le risque de déplaire. Progressivement, je me surpris à faire des choses sans savoir sur le moment pourquoi je les entreprenais. Jusqu'alors, prendre une décision était un enfer, je passais des heures à ruminer, à peser le pour et le contre, à consulter les autres pour finalement être sans cesse ballottée entre les différentes alternatives. Aujourd'hui, mes décisions se font plus naturellement, sans que j'y réfléchisse. La vie est plus fluide.

J'attends de savoir ce que je veux vraiment

Surtout, je ne me précipite plus. Quand je suis amenée à faire un choix, j'attends de savoir ce que je veux vraiment au fond de moi. Surprise : la réponse surgit d'elle-même, et c'est pour de bon. Guidée par mes envies, sans les juger, j'ai découvert qu'elles étaient une garantie pour avancer sur ma route à moi, qu'en les écoutant j'étais dans ce qui était juste pour moi.

Tout est nouveau pour moi et être avec les autres est devenu non plus angoissant mais plaisant parce que c'est devenu un peu comme un jeu très subtil : savoir détecter ce que me dicte mon inconscient, pour être toujours au plus juste avec moi-même, tout en étant à l'écoute de l'autre pour pouvoir le respecter. Ce que j'ai vécu comme bouleversement grâce à la thérapie, ce n'est pas seulement un changement de philosophie, mais aussi une modification sans doute définitive de " circuits intérieurs " qui relient désormais ce que je ressens non plus seulement à mes peurs de déplaire mais à ma capacité d'agir.

 

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